Arrivée à Popayan… Après quelques grimpettes bien longues, bruyantes, tendues, usantes et une chaleur sympathique ! Sur la route, Marcelo (sa débroussailleuse) et Laurena nous invitent dans leur finca pour la nuit : pas évident de repartir tôt le lendemain, alors c'est avec plaisir que nous nous donnons rendez-vous à Popayan pour une virée aux sources chaudes de Cocomuco.

A peine arrivés a la Casa de la Bici, chez Shannon et Marcela qui nous hébergeront, nous voilà donc repartis en direction de la montagne avec nos hôtes de la veille. Le climat est tendu entre indigènes et propriétaires des sources. Si les premiers revendiquent leur appartenance aux terres d'altitude souhaitant les laisser “libres” (pas de culture, pas de bétail, pas de tourisme) mais aussi bénéficier de l'apport économique issu de l'accès aux eaux chaudes, les seconds sont détenteurs d'actes de propriétés et désirent continuer à exploiter les richesses présentes ! Résultat : prise de position et lutte à coup de cailloux, blocage de route avec quelques hordes de CRS locaux. La route est bloquée, nous ne pouvons accéder aux sources et nous nous replierons sur un restaurant libanais.

Dans la vallée, lala, de Cocoa, tralilala… hum hum, bref…

Depuis Medellin, nous décidons de partir en direction de Pereira et de bifurquer sur Salento, la porte de la vallée de Cocoa. Pour y aller, nous sommes passés par Irra et la route pour Irra, elle est … en pointillée ! Ces nuits, la pluie tombe, nous épargnant certes mais ne faisant pas de quartier avec les travaux routiers des hommes ! Elle emmène à chaque fois, un petit bout-ou gros bout- de route, obligeant les utilisateurs à rouler alternativement à gauche puis à droite, sur les zones qui n’ont pas été emportées… Les travaux vont bon train tout du long, les hommes dans les fossés consolidant la première couche avec des sacs remplis avec de la terre ou du sable. Incroyable… Et les gens sont patients, malgré un bouchon de plusieurs heures ! Non, nous ne frimons pas (trop) en remontant les files de camions, voitures, tout ce monde prenant son mal en patience… Aucun klaxon durant les 30 kilomètres de véhicules à l’arrêt !! Et au milieu, un petit péage… Toujours payant malgré les intempéries ! Incroyable… Nous nous faisons éclabousser, arroser, applaudir, crier dessus « no mira, no mira, rapido !!» lors des zones ‘attention, chute de pierres’. Nous arrivons donc à Irra, crottés, trempés, et squattons chez les pompiers pour un décrassage général et une nuit de tente à l’abri.

 

Pour Salento, c’est facile, on tourne à gauche et on monte dans la montagne ! Avec de la fièvre et une espèce de grippe/rhume/rhino, Marjo est en mode galère !! Même les « cadeaux du jour » (sachet de cacahuètes, nouvel oiseau tout beau) ne lui redonneront pas la pêche ! Elle finira les 5 derniers kilomètres arc-boutée sur son vélo délesté de ses sacoches, frissonnant malgré le soleil et l’effort à fournir…

 

Arrivés à Salento, nous plongeons dans les touristes arrivant en vague de bus, jeeps, chevaux et pour cause, le village est réputé pour ses fiestas, « traditions et culture »! C’est que nous n’avons pas l’habitude d’être noyés comme ça ! Alors on se transforme en couleur locale : on prend une Willys (jeep) pour aller au départ des balades. Toute la journée, nous crapahutons à la recherche des célèbres Palma de Cera, uniques en Colombie et dans cette région de Quindio. Ils sont remarquables grâce à leurs troncs sans fin, atteignant 60m de haut pour certains, pouvant pousser jusqu’à une altitude de plus de 4000m. Pour savoir leur âge, pas besoin de les couper pour lire leurs sillons : il suffit de prendre une échelle et de compter les petites bandes noires présentes tout le long du tronc, un trait = un an. Les plus vieux vont jusqu’à 70 ans. Nous franchissons le torrent à maintes reprises, découvrant des ponts de singe, népalais ou juste en rondins, en totale décontraction ! Lucas aide Alix à passer sur les pierres glissantes, juste le temps de nous dire qu'ils étaient bien mignons comme ça, et Alix se retrouve les pieds sur la pierre mais les bras dans l'eau ! Petite frayeur me transformant momentanément en cheval puis carrosse, juste pour l'ultime ascension du mirador.

 

 

 

 

Après une rando de plus de 12 kil, nous regagnons le lieu de départ, nous replongeant dans la mer touristique, les stands de chevaux tous les 100m… 3€ l’heure, ça vaut le coup ! Mais nous votons à l’unanimité une journée de repos, sans rien faire, pas de marche, pas de transport, pas de visite de petit village tout mignon, rien… enfin, sauf : l’école, la lessive, le trajet, le mirador, le coucher de soleil, la découverte de nouveaux gouts (forcha…) la routine quoi !

 

Après ces quelques jours de ‘repos’ vélocipédique, nous reprenons l’asphalte et son lot de rencontres, de surprises, souvent remplis de ‘chaudoudoux’ : un paquet de potcorn au miel, 4000 COP pour des tintos, des tours de roues avec nous… Parfois, nous débarquons dans des leix se rapprochant de la cour des miracles ! Impressionnants tous ces gens borgnes, édentés, déformés, bardés de tics. Une attitude commune les anime : leurs sourires de bienvenue, leurs débit de questions… Mon incompréhension est risible quant à l’espagnol colombien sans dentier !

 

Nous tentons de rallonger les étapes, parce que « maintenant que nous sommes sur du plat, on peut envoyer, non ? », Marjo s’ennuie. Nous arrivons en début d’après midi dans des bourgades plus ou moins peuplées, arhumées, avec des sorties enfantines du style : « woa, on a forcé le régime là ! » de Lucas, les joues vanille/fraise, « moi, j’ai même pas mouillé le tee-shirt ! » d’Alix…

 

Sous la protection de Jésus depuis quelques jours (cadeau du jour), nous avançons complètement rassurés, nous sommes au pied des montagnes, tout droit vers Popayan !

 

22h, nous atterrissons à l’aéroport de Bogota après quelques déboires techniques : l’avion ayant des bruits suspects, le pilote décide de retourner au parking. Et une nuit dans un hôtel 5 étoiles, une ! Nous décollerons 24h plus tard, frais et dispos !
L’ensemble de nos bagages récupéré, nous attaquons le remontage pendant que les enfants dorment au milieu du hall. La nuit sera courte et pas très agréable, les fauteuils du hall d’accueil ultra ventilé ne sont guère propices à la sieste !

Durant presque 2 semaines nous bénéficions de l’hospitalité de Guénaëlle et Frédéric, enseignants de leur état. Lucas et Alix profitent de Romain et Ema, Marjo de séances de yoga et plus cérémonies si affinités, et nous de flâneries dans la ville. Nous visitons le musée de l’or de fond en comble, des pièces de précisions aux statuettes mortuaires, des bijoux aux films mêlant musiques tribales et jeux de lumières… Nous découvrons les molas qui correspondent à de la sculpture sur tissus. Impressionnant ! Étant hermétique aux fils et aux aiguilles, je reste épatée et tombe instantanément sous le charme de ces pièces d’art ! Je me mettrais presque à la couture !

Nous enchaînons par le musée de Botero où les enfants bloquent sur son style :  « Mais même les chevaux sont gros !! ». Petit détour par le quartier colonial, Montserrate via le téléphérique et le funiculaire pour une vue d’ensemble sur la ville… Pour la balade dominicale c’est raté : tout Bogota est là et nous ne pouvons pas redescendre à pied ! Se faire véhiculer de la sorte, taxi-téléphérique-funiculaire-taxi, nous donne l’impression de n’avoir pas fait grand’chose… Alors pour effacer cette non dépense énergétique, nous partons aux aurores le lendemain pour une randonnée express : autre point de vue sur cette capitale de 7 millions d’habitants. En 1h30 nous montons, suivant les sportifs matinaux, les familles et passant les ‘check points’ policiers. Le chemin est ouvert de 6h à 10h et les jeunes faisant leur service militaire dans le corps de la police, veillent sur les marcheurs. Arrivées au sommet, un casse croute végétal, une vue panoramique et une redescente en petites foulées ! 30 min à zigzaguer entre les pierres, arbres, gens dans tous les sens… A 8h nous sommes prêtes pour attaquer cette journée, réjouies de s’être dégourdi les pattes, enchantées d’avoir traversé une pinède au milieu d’une ambiance tropicale !

Cette halte dès notre arrivée sur le sol Colombien nous permet de nous acclimater à ce nouveau pays : comme depuis notre départ, nous écoutons les conseils de chacun, ne nous déplaçons pas le soir, ne nous engageons pas dans des quartiers non fréquentables, et tentons de ne pas paniquer lorsque la conversation s’engage sur la conduite sportive des Colombiens ! Si ils sont très souriants, chaleureux et ouverts à la discussion, ils deviennent adeptes du klaxon, roulent vite et ont tendance à slalomer de façon excessive pour éviter les files qui ralentissent, le nid de poule, le vélo… Pour moi, le fait d’être dans une grande ville ne joue pas en faveur d’un retour sur les vélos de façon décontractée ! Plus les jours passent et plus je me retrouve en mode panique à bord !
Heureusement, le projet Aime ta terre mené au lycée français me permet de me concentrer sur autre chose… Nous travaillons avec la classe de Guénaëlle (grande section de maternelle) et par le biais de l’histoire, nous découvrons de nouveaux animaux comme le dauphin rose, le chiguiro… Lors de la représentation, Alix et Lucas sont aux anges puisqu’elle se fait en français !!

Nous quittons Bogota enchantés encore une fois des rencontres faites, des contes qui fonctionnent à merveille et occasionnent toujours des échanges particuliers avec les petits comme avec les grands.

Nous savons que les 400 km qui nous séparent de Medellin risquent d’être éprouvants : une des cordillères est à franchir… Nous nous disons que la centrale est la plus facile et zou, les vélos avancent tout seuls !

La première journée est une mise en jambes et donne de quoi être rassuré : une piste cyclable, des automobilistes encourageant, la visite de la Cathédrale de Sel et un repas offerts par le secrétaire du gouverneur de Zipaquira !  A l’heure où Thomas Pesquet pose ses pieds sur terre, nous nous enfonçons dans ses entrailles. Les galeries creusées à presque 200m sous terre sont impressionnantes : dire que tout a été fait à la main… Si la mine est toujours exploitée, un chemin de 1 km est aménagé pour les touristes et, une fois le chemin de croix parcouru, nous débouchons dans les salles prévues pour les messes, mariages… Les piliers polis ressemblent à du marbre, les hauteurs sous plafonds nous donnent le vertige… La fin de la visite se fait par la rue commerçante et une mini visite à propos des mines d’Émeraudes. Il y en a une en Colombie qui regorge des plus belles (brillance+pureté+couleur) ! Si le guide le dit…

Petit aperçu du carnet de bord… Samedi 3 juin. Départ 8h, pas mal. Les 19 premiers kil se font en forçant, faux plat montant. « C’est moi ou j’ai l’impression que c’est dur ? » Quand Marjo le verbalise, je suis généralement dans le rouge depuis un moment ! Mais 5 km plus loin, le raide commence, nous avançons doucement, frôlés par les camions. A un moment, nous avons cru que Marjo allait se faire toucher ! Nos cris n’auraient pas évité le drame mais ça a eu le mérite de faire sortir toute notre tension du moment… Elle a enlevé sa main du guidon tellement c’était près ! Lu décide de rouler dans le caniveau, il a raison. Pause près d’un contrôle policier. Au moment de repartir Lucas chute. Couché de tout son long sur le vélo, se prenant la béquille dans les côtes… Un des policiers vient vers nous et nous annonce qu’il y a encore 8 km jusqu’au col. Il nous propose de prendre les enfants. Nous acceptons à l’unanimité. Mais quelques minutes plus tard, les enfants nous ayant fait de grands gestes en nous doublant, le doute m’assaille et je ne suis pas fière : « Tu leur fait confiance ? – Ben oui, ce sont des policiers ! » Bon ben ok. C’est vrai que les forces de l’ordre Colombiennes semblent plus sereines que celles que nous avons vu dans les pays précédents ! Nous nous appliquons sur nos pédales et rattrapons Marjo -couleur vanille/fraise- en pause quelques virages au dessus de nous. « J’ai vu passer Alix … Mais Lucas ? » Philippe repart comme une flèche, nous enchaînons derrière. Qu’elle est longue cette côte ! Mais que de découvertes, entre le paysage montagnard, la production de lait, ses vaches, ses briques et fours fait de bric et de broc, son charbon… et son vomito de camions ! Je croise la camionnette qui redescend et le policier me demande si Marjo veut finir la montée en voiture… Ce qu’elle fit ! Je termine les 2 km en solitaire et Marjo viendra à ma rencontre en petites foulées pour me pousser. Ils nous prennent pour des fous … Ah bon ? 

Le décor est un peu comme à la maison : des montbéliardes paissent, des lacs et de la verdure, une boutique « fabrica de lacteo de la Montbéliarde », le comté en moins et les couleurs florales en plus ! Lucas se demande comment les éleveurs ont fait pour avoir des vaches Montbéliardes. Sa sœur a une réponse on ne peut plus simple : « ben facile, ils avaient des vaches, ils les ont peintes comme les Montbéliardes ! » Ben tient…

Quelques jours plus tard, c’est Villa de Leyva qui nous accueille. Ou plus précisément Marie. « Marie, ça fait un peu français, non ? Sinon on dirait Maria ! » Eh bien nous avions vu juste ! Marie, qui un jour de voyage en Amériques Centrale et du Sud, ne repartira pas de Colombie, nous attend sur le pas de sa porte. Contre menus travaux, nous avons le gîte et nous partageons le couvert, occasion de faire… des crêpes et du gratin de pâtes !! Nous devions rester 2 nuits… Mais de fil en aiguilles (encore !) : la classe de Samuel (son fils ainé) serait bien contente de travailler avec vous… (nous) Mercredi ? Je n’aime pas cette façade toute moche… On peut la peindre si tu veux ?  Y a un cours de yoga, ça vous dit… Allez zou ! Il y a une fête… Que de jours passés, entre cris d’enfants rendus à l’état sauvage, de coups de machettes donnés, d’herbes arrachées et d’ampoules allumées, de parts de gâteaux à la carotte ou au chocolat avalés ! Une famille comme on les aime, un lieu où il fait bon vivre. Nous y serions encore… Mais nous repartons affronter la ‘vraie’ montagne !

Une journée complète de montée nous attend : 1000m de positif pour plus de 31 km. Ça gère complétement coté Lucas. Nous sommes à chaque fois bluffés ! Pour les 10 derniers km, il part devant avec sa tante et ils nous mettent une bonne demie heure dans la vue ! Alix quant à elle trouve que les montagnes deviennent magiques au fur et à mesure que nous les gravissons : « On dirait bien le haut de la montagne et quand on arrive dessus, il y a comme un tas de terre encore dessus et il faut encore monter ! ». Elle testera si ses semelles de chaussures fonctionnent plus en marchant parce qu’en pédalant, ça n’est pas probant en ce moment…

Nous apprécions ces montagnes, la vue immense, vertigineuse de part et d’autre du chemin, les oiseaux faisant des pirouettes à coté de nous et piaillant comme pour nous encourager, les routes se transformant d’un coup en terrain de bi-cross, nous obligeant à monter sur les freins ou pédaler souple pour ne pas déraper… L’avantage c’est que les véhicules passent moins rapidement, et il y en à moins ! Si au Guatemala c’était ‘Ma Toyota est fantastique !’, ici nous sommes au pays des Renault ! A foison, avec un mélange de maintenant et d’y a 40 ans : duster, logan, 4L, R19, R18, … Que de souvenirs de gamines ! Et des motos. En masse.
Le Colombien semble avoir soit un 4x4 ou une Renault ET une moto sur laquelle ils transportent tout, de la débroussailleuse aux sacs de pommes de terre. Et des botte en caoutchouc. Grosse tendance vestimentaire ! Coté chic avec les bottes assorties au chapeau pour mesdames ou le jean slim petit top et bottes pour les jeunes, coté nature avec le jean de travail et les bottes. A cheval, à pied, en vélo ou moto, tous bottés ! Mais c’est en adéquation avec la météo : gros soleil matinal jusqu’à 15h, et pluie diluvienne ensuite…

Et nous, ben on se fait rincer si nous n’avançons pas assez vite ! Alors on s’enfonce dans la vallée, prenant de la vitesse grisante dans les virages, laissant la première barrière de montagnes derrière nous et atteignons rapidement le climat tropical, l’humidité et plus de 30 degrés… Encore 30 km et nous devrons repartir vers les sommets !   

 

Tranquillement, nous arrivons dans le trafic urbain, avec tout de même, un peu l'appréhension …

Le souvenir de Bogota et de son trafic est encore bien présent dans nos esprits ! Et la, surprise ! Pas forcement de klaxon, de slalom d'une file à l'autre… C’est la cohue qui nous accueille : nous traversons la ville du nord au sud, commençant par les quartiers plus populaires et les rues dédiées aux motos et aux vélos, impressionnant ! Plus de place pour passer sur la piste cyclable, une des 2 voies est réquisitionnée pour le stockage du matériel, les vendeurs se mettent dans le carrefour pour arrêter les voitures ! Il nous faut être réactifs pour garder le cap et notre orientation !

 

Détendus, nous flânons, faisons les courses, pendant qu'un orage s'abat sur la ville. Ne devant faire que 2 km, nous enfourchons nos vélos pour un dernier effort… arggg, la nuit tombe, la route est mouillée et … notre hôte habite dans la montagne qui surplombe Medellin ! Belle vue mais quel effort ! Impossible de passer, même en poussant le vélo tout seul, il faut s'y mettre à deux !

Nous restons 3 jours, visite du jardin botanique, de la maison de la culture, on prend le métro dans un sens, dans l'autre.

 

 

 

Pendant notre journée filles, nous partons à la découverte du quartier 13 : réputé pour sa violence, les jeunes ont souhaité troquer les armes contre les pinceaux, la drogue contre les paroles.

 Petit à petit, des fresques ont envahi les murs, des chants se sont élevés et les habitants ont réussi à repousser cette guerre avec des fleurs. Désormais, ces entrelacs de ruelles se découvrent le nez en l'air, les yeux rivés sur les différents styles de graff, les pieds courageux empruntant les escaliers, les autres le premier escalator de quartier !!

 

 

 

 

 

 

 

Sautant dans un bus, nous partons à quelques dizaines de kilomètres découvrir la lagune de Guatape, les zocalos peints sur les soubassements des maisons leur apportant style et caractère en fonction des personnalités des propriétaires.

 

 

 

 

Afin de voir les îles se dessiner par les bras aquatiques, nous prenons de l’altitude en gravissant 740 marches pour monter sur le dos du seul monolithe de la région : el Penol, haut lieu touristique !

Nous reprenons la route direction Cali… sur nos vélos, nous allons pouvoir reposer nos pieds fatigués !

Sur la route, le moyer (le port) s’éloigne au rythme des trous et nids de poules. Avec les déluges nocturnes, la route se détériore de jours en jours. Mon regard guette le ponton jusqu’ à San Pablo, les maisons faites de bric et de broc en premier plan, donnant un aspect de bidon ville sur fond paradisiaque. Dans ce décor, une grande mère se lave les cheveux au bord de la route…

Peu de temps après, dans un virage, les restes caillouteux d’une rivière asséchée. Les méandres sont accentués par le travail de titan des jeunes et moins jeunes, creusant le sol pour en extraire le sable. Des tamis posés tous les 20m, des guérites de fortunes bâchées, des sacs remplis a ras bord, des enfants peinant sous le poids, j’ai l’impression d’être devant une mine. Un battement de paupières plus tard, le paysage fait place à la forêt abrupte, aux cannes de mais, aux avocatiers gigantesques au milieu des cacaotiers et autres bananiers. Des petits fagots de bois disposés au bord de la route nous rappellent que le feu est vital dans bien des familles, la cuisine se faisant dessus.