Pour arriver à Potosi « La ville impériale », il faut grimper. La ville est construite sur le flan de la montagne El Cerro Rico « La montagne riche » . Elle s'est construite avec la mine en 1545. Les indigènes (les gens qui habitent à Potosi) vivaient au pied de la montagne. Une légende raconte qu'un jour, un indigène était en train de faire un feu dans la montagne et en ramassant du bois il a trouve un filon d'argent. Content, il entend soudain une voix lui dire :  « Ceci n'est pas a toi… C'est pour ceux qui viendront après… ». Il a donc laissé cette veine d'argent et quelques temps plus tard, les espagnols arrivèrent…

Quand les espagnols sont arrivés, ils ont construit une autre partie de la ville avec des maisons coloniales, l'hôtel de la monnaie et des rues toutes perpendiculaires les unes aux autres. Les indigènes n'avaient pas le droit de rentrer dans la partie espagnole de la ville. Mais ils avaient le droit d'aller … à la mine !! Mais ils ne voulaient pas. Alors les espagnols leurs dirent : « Si vous n'aller pas à la mine, le diable de la montagne vous mangera ! ». Les indigènes sont donc partis travailler.

La mine extrait de l'argent. Le minerais était exporté en Espagne car c'était le plan de la colonisation espagnole.

Aujourd'hui, ils extraient du zinc, de l'argent, du plomb et les minerais sont exportés en Chine, aux Etats-Unis et en Europe. A force de creuser, la montagne ressemble à un gruyère :

* Il faut aller plus loin pour trouver plus de minerais car il y en a de moins en moins.
* Il y a des affaissements de galeries parce que les coopératives ne veulent pas les renforcer (il faut amener le bois et cela coute cher )

Mineur, c'est un métier dangereux :

* Il peut y avoir des accidents (affaissements de galeries, gaz, dynamite). Il y a 1 mois, 2 jeunes âgés de 23 et 25 ans ont été pris dans un effondrement et ils n'ont pas été retrouvés.
* C'est dangereux pour la santé. Il n'y a pas assez d'oxygène au fond des galeries, ils respirent que de la poussière et attrapent le « mal de la mine ». Un mineur vit jusqu'à 45 ans, c'est presque l'âge de mon papa.


A chaque entrée de galerie, il y a une gardienne. Elle surveille le matériel pour creuser dans la montagne, elle surveille l’entrée de la galerie. Elle vit dans une maison de 15m2 (c’est presque la taille de ma chambre !) et il y a la cuisine, un seul lit pour 7 personnes (6 enfants et leur maman) et toutes leurs affaires. Il y a souvent un chat et plusieurs chiens. Il n’y a pas d’eau. Les enfants vont à l’école ou à la mine. La plupart du temps, ces femmes n’ont plus de mari car soit il est mort soit ils ont divorcé. Elles viennent de la campagne car elles ne pouvaient plus nourrir leurs enfants : il n’y a pas d’eau pour cultiver. Elles arrivent en ville et elles ne peuvent pas avoir de maison parce qu’elles ont trop d’enfants et personne ne veut leur louer une maison, elles ne peuvent pas travailler parce qu’elles n’ont pas de métier. Elles partent donc dans la montagne.

 

 

Les enfants qui vivent sur la montagne vont travailler à la mine très jeunes car il faut rapporter de l'argent à la famille. Souvent le papa est mort et pour aider leur mère, les enfants vont à la mine (1h de travail c'est 20 bolivianos, ça fait 2,5€). Sur la montagne , il n'y avait pas d'école ni de bus pour aller vers une école plus loin.

La fondation « Voix libres, La terre des enfants » a construit une école pour ces enfants. Maintenant ils vont à l'école la journée et certains y vont le matin et partent à la mine l'après-midi. La loi sur le travail des enfants n'est pas appliquée. Sans la fondation « Voix libres », des dizaines d’enfants pourraient mourir car ils iraient dans la mine ou ils n’auraient pas assez à manger.

A l’école Robertito, nous avons rencontré un garçon de 7 ans qui s’est fait électrocuté à l’entrée de la mine. Il a du se faire amputer de la jambe droite, du bras droit et son bras gauche est très brûlé. Israel nous a impressionné car il ne se plaint pas, il a toujours un grand sourire et il a appris très vite à écrire de la main gauche ! Sa maman est tombé quand elle était enceinte de lui et comme il n’y a pas de transport, elle n’a pas pu aller se faire soigner. Il a fallu lui couper la jambe. C’est très compliqué de vivre dans la montagne pour eux alors la fondation cherche une maison dans la ville pour eux et s’occupe des soins pour Israel.

 

Nous avons visité une galerie. Il a fallu mettre un casque et prendre une lampe.

Le tunnel est étroit et bas. Il fallait se baisser pour avancer.

 

Dans un virage, le diable est apparu ! ‘El Tio' (l'oncle en espagnol) est aujourd'hui le protecteur des mineurs. Ils lui font des offrandes pour sa protection : alcool, feuille de coca et le mardi et le vendredi soir, ils viennent faire la fête avec lui !

Au bout d’un moment, nous avons senti sous nos pieds des vibrations et du bruit d’explosion de dynamite.

Nous avons eu peur ! Des fois il y a du gaz dans la mine. Autrefois, les mineurs avaient des bougies et s’avançaient dans la galerie.

Lorsqu’il y avait du gaz, la flamme s’éteignait alors il fallait vite vite vite courir pour sortir de la mine ! Mais maintenant, ils utilisent des lampes électriques et quand il y a du gaz, la lampe électrique ne s’éteint pas. Ils meurent asphyxiés par le gaz. Mais nous n’avons pas rencontré de gaz ! Tant mieux !