Des billes noires pleines de malices, de beaux sourires, des histoires incroyables, qu’il est bon de partager avec les petits mexicains !

 

Leur enthousiasme et leur compagnie nous vivifient, changent notre quotidien et permettent à nos 2 petits loustics de se confronter à une réalité bien différente de la leur.

Ont-ils le temps de jouer quand ils rentrent chez eux ?

A quoi jouent-ils dans la cour de récré ?

A quelle heure vont-ils à l’école ?

Comment se passe l’enseignement ?

Nous inaugurons le kamishibai ambulant à Yanhuitlan au sein de l’atelier Yivi où Pedro et Luisa, 2 amis, donnent des cours de dessin et de théâtre aux enfants de la communauté. Ils nous accueillent, nous ouvrent les portes de leur atelier et nous accompagnent dans l’aventure…

Nous partageons histoires, préoccupations environnementales d’une terre faisant partie des terres les plus érodées au monde, dessins, projection d’un film réalisé par le groupe théâtre de Luisa (histoire d’un ancien gouverneur Mixtèque, « 7 monos » ou « 7 singes », au moment de l’invasion espagnole).

 

Quand nous franchissons les paliers des écoles, il nous faut convaincre non seulement l’instituteur mais aussi les parents (les pères) de la communauté. Nous ne venons pas ‘distraire’ les enfants et leur enlever du temps d’enseignement, mais plutôt leur offrir une ouverture sur le monde, un moment d’échanges, de rencontres et de partages.

Nous venons avec notre peau claire, de l’autre coté des océans et arrivons jusqu’à eux au moyen de nos bicyclettes. Les enseignants sont facilement convaincus et le travail commence. Nous voilà confronté à des pédagogies différentes, la valorisation de l’enfant, la mise en avant de son travail et de sa participation ne semblent pas être des choses fondamentales jusqu’à présent.

Quelques heures par jour nous allons à l’école pour construire l’histoire et les dessins.

 

Une fois écrite et illustrée, le processus est le même : nous métamorphosons le vélo et la remorque en un théâtre sur roues. Installation de la salle, de la scène, Alix et Lucas se répartissent les histoires à faire défiler, Anne-Laure se charge du décor et Philippe des vidéos. Moi, je conte, je suis la voix de nos bicyclettes, de nos coups de pédales, de nos aventures, du projet, des histoires des petits français et de la raison de notre venue.

Les parents sont invités, les enfants répètent leur morceau d’histoire et nous voilà partis, au travers de la narration, au cœur des réflexions enfantines sur le monde qui les entoure. Que l’on soit en France ou au Mexique, de la ville ou d’un village, les enfants s’inquiètent de la même façon du manque d’eau, de la pollution, des déchets …

 

 

Comment faire pour réduire nos poubelles ?

Où va l’eau usée ?

Qu’ont besoin les arbres pour pousser ?

 

Au pays des sacs plastiques et du polystyrène, le contraste est saisissant entre les paroles des enfants et les bords des routes jonchées de détritus. Alix et Lucas ne comprennent pas toujours comment peuvent-ils conjointement aimer leur planète et la salir.

Expliquer, expliquer et réexpliquer, qu’il y a un manque notoire d’infrastructures, de traitements de déchets, d’éducation ; un changement rapide d’alimentation où les bouteilles de coca et les assiettes de polystyrène remplacent la feuille de bananier et le verre en céramique.

 

Le temps partagé avec ces boules de tendresse passe toujours trop vite. Il y a tant à faire face à leur soif de connaissances et le manque d’outil dont ils disposent que je m’arrêterais pour enseigner dans chaque école ! Mais nous repartons, inlassablement, sur les routes avec de nouvelles histoires dans nos sacoches et des dizaines de sourires d’enfants dans nos cœurs.