Le contexte est donné depuis 6 mois déjà : « Nous organisons des moments forts autour du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918. De nombreux acteurs de la commune, écoles, associations, médiathèques, élus, se mobilisent pour que cet événement reste dans la tête et dans le cœur des enfants. C’est la paix que l’on veut mettre en exergue. Voudriez-vous participer ? »

 

Et voilà comment le kamishibai se retrouve ouvert à Allaire le lundi 19 novembre 2018.

Ce n’est pas tout à fait la même chose me direz-vous… Et bien, si le postulat est : si nous apprenons à respecter ce qui nous entoure et notamment ceux qui nous entourent, nous ouvrons la porte à la découverte et à l’acceptation des différences… N’est-ce pas une démarche de paix ?

 

Quels sont les facteurs déclenchants des guerres ? Sans vouloir aller sur le terrain des décisions politiques et des guerres mondiales, les conflits prennent souvent racine là où pousse l’intolérance…

Quitter sa zone de confort, lâcher ses ‘mains courantes’ sociales, s’éloigner de nos repères culturels, linguistiques, continentaux, c’est s’immerger totalement dans une découverte de l’autre et des autres sans parachute. Et aux confins de ces rencontres, c’est ouvrir les yeux sur ce que nous sommes, ceux que nous sommes. Et ce que nous sommes capable de faire. Ou de ne pas faire !

 

 

Le déplacement sur 10 roues annonce qui nous sommes : des ‘crevettes’. Penchées sur nos bicyclettes, secouées à chaque dépassement, freinées par le vent, tourmentées par les aboiements, suffoquées par les fumées, nous ne passons pas inaperçues ! Mais c’est ce que nous voulons. Être à découvert, prompt à la rencontre et ouvert à l’inconnu. Notre territoire (ou limite de propriété) n’est pas prolongé par une tôle d’acier, il est open space. Notre intérieur n’est pas en cuir, il vit. Nos moteurs ne provoquent rien de toxique, bien au contraire : rires, sourires ou interpellations ‘mais vous êtes fous !’, nous sommes en relation directe avec chacun ! Notre home sweet home n’a pas d’alarme et de caméra, il ventile les moindres bruissements d’ailes et même parfois porte nos chants (pas trop mélodieux) jusqu’aux maisons voisines !

Nous ne sommes plus de simples touristes, nous devenons des terriens engagés et au milieu des bus déversant « des portes monnaies à pattes », les gens du cru nous demandent ce que nous venons faire là, nous offrent des présents et partagent quelques instants, naturellement.

 

Cet état de fragilité était dans nos esprits à chaque coup de pédale, à chaque halte. Il nous a tenu en haleine pendant toute cette aventure, comme une seconde peau.

Elle nous a permis d’avoir une bienveillance quotidienne, et ne nous a pas empêcher de poser nos regards sur les bas cotés de nos 22000 km…

 

Le Mexique reste dans nos tripes un épisode fort. Peut-être parce que notre choc culturel a commencé là ? Le climat de tension est palpable, les armes visibles, les actions musclées routinnières et la corruption écœurante. Les luttes de pouvoir sont omniprésentes, à la vue de tous. Et les actions de paix et du vivre ensemble avancent dans leurs sillages. En espérant pouvoir passer devant. Comme à travers l’histoire écrite à Mendosa, Oaxaca, « La princesse de la nature » : quand on croit que tout est fini, qu’il n’y a plus rien à faire, les sentiments restent les plus forts. Il y a toujours une solution, infime soit elle, pour continuer à prôner ensemble un modèle de paix.

 

En arrivant en Colombie, nous lisons l’enterrement de la mitraillette de guerre : la fin de la guerre avec les FARCS est toute fraiche et le pays en est à ses premiers pas de paix.

Dans « La grande aventure d’Alberto et de Roberto Paco », les élèves évoquent les migrations du Vénézuela, l’entre- aide ainsi que la nécessité de relever ses manches face à une catastrophe.

Avec l’Amérique du sud, nous découvrons le Wiphala : le drapeau commun et l’identification des peuples des Andes. Tout le monde le porte, il est cousu ou peint, à côté du drapeau de chaque pays. Dans les villages, des ‘gardiens’ sont nommés par le peuple pour être leur médiateur. Ils ne quittent plus leur bâton porté en bandoulière afin d’être reconnaissable par tous ceux ou celles qui auraient besoin.

Les danses, chants, couleurs de chaque école paradent à Oruro, en Bolivie. Nous ne ressentons pas de compétition mais un moment où chacun va donner le meilleur de lui-même et ce, pendant une journée entière !

Lors de l’écriture de « L’ère des robots sauveurs de la planète », nous découvrons les croyances péruviennes et cette pensée, glaçante, de ne pas aider de peur de manquer… Heureusement, il s’agit d’un conte.

 

 

A travers notre aventure et ce projet d’écriture d’histoires avec les enfants, nous souhaitions vérifier que tous les enfants étaient les mêmes, quelques soient leurs pays d’origine. Dans leurs jeux, leurs envies, leurs préoccupations et dans cette spontanéité à la curiosité. Puissions-nous, adultes, garder dans nos cœurs nos yeux d’enfant afin de distiller une atmosphère de quiétude intérieure et extérieure.

Si nous devons retenir quelques mots concernant ce chapitre de notre vie, c’est qu’il est nécessaire de préparer chaque matin une recette de la paix, à commencer dans chaque foyer. Car le plus dur n’est pas de ne pas faire la guerre mais de maintenir la paix.

Dans notre saladier, nous y verserons une pincée d’acceptation de l’autre, une louche de curiosité, 2 cuillères à soupe d’égalité dans nos différences et des cœurs grands comme ça ! Mais pour vivre avec les autres, il est utile de faire la paix avec soi… On commence quand ?

 

Aime ta terre, ça peut-être : traite-la avec amour et vis en paix…