En guise d'intro, une petite pensée nocturne...

 

AAAAAaarrrggg, se faire dévorer par le tumulte de nos vies (sur)chargées... Et ne pas avoir de temps pour poser l'encre (les pensées ?) sur le papier !

Et bien, je dis "FAUX Mlle Guyot ! Encore une de ces excuses que l'on se donne lorsqu'on ne rend pas sa copie à l'heure!"

Mais à quelle heure? A quelle heure se vouer, on ne sait plus ! L'heure du réveil ? De l'ouverture du portail, sa fermeture, des 15 minutes de récré, des repas, des activités extra, des bouffes chez les copains ? Il y a des heures car nous devons vivre ensemble, tenter d'avoir des moments où nous sommes réunis, sans quoi ça serait une belle pagaille !

On a l'heure 'rentabilisée' (ah, j'ai bien bossé là !), l'heure 'culpabilisée' (je voulais bien mais j'ai pas trop pu...), l'heure 'décomplexée' (au fond du canapé, peinarde), l'heure 'compressée' (juste après l'heure précédente !). Mais on a surtout l'heure que l'on se donne, une heure peut devenir un battement de paupière comme une journée entière ! Ahorita comme on dit là-bas : tout à l'heure... Mais quand? On ne le sait jamais. L'heure se mue en une question de volonté, revêt son costume de motivation, se balance au rythme de nos choix. Car on en revient toujours là. Au choix. Toujours. Je me souviens du jour où mon prof de philo nous a lancé : "Dans vos vies, vous avez toujours le choix. Ce sont les conséquences qui vous font réfléchir mais vous avez toujours le choix. Vous avez 4 heures !"

Toute cette tirade pour dire que finalement, la tenue du stylo, l'écriture de quelques lignes ne se fait pas en fonction du temps que l'on a mais de l'énergie et du souhait que l'on y met. Comme beaucoup de choses ...

 

 Flash back

 

Après avoir déménagé pour mieux pouvoir partir vers d'autres horizons (fin d'année oblige), il nous faut maintenant emménager afin de redécoller dans la suite de notre vie... Pas évident.

Confrontés au presque rien pendant 1 an, trouvant encore que nous en avions trop, je suis submergée, écrasée par tout ce qu'une famille entasse durant 10 ans ! Il faut retrouver des endroits pour les affaires tout en ne souhaitant pas forcément tout remettre au même endroit, comme si nous n'étions jamais partis !

Dans nos têtes, nos corps et nos cœurs, il y a un avant cette année 2017 et un après... Outre le tri -inérant à chaque déménagement - il faut aujourd'hui intégrer les souvenirs, matériels, ressentis, images, lumières, encore présents dans nos rétines. Mais en filigrane réside une retenue, forte, qui ne facilite pas les choses : l'acceptation de se poser. De se dire que nous changeons de mouvements, d'interactions entre nous 4 (et non plus 5), avec les autres (en français), de quotidien... Une question récurrente est celle de revenir en hiver, pas trop rude ? Nous le savions, avions eu le temps de nous préparer psychologiquement ! Et je suis convaincue que c'est plus facile malgré les heures ensoleillées plus petites, le froid, la pluie... Notre corps est obligé de "brûler" pour s'adapter, c'est toujours ça de pris ou de ne pas perdu...

Nous voici réellement revenus depuis 1 mois : vivre sans repartir tous les 4 jours, ne pas avoir à faire et défaire nos sacs quotidiennement. D'aucuns nous diront que "c'est bon, ça fait maintenant 1 mois que vous êtes là, vous avez repris le rythme !" Oui, le rythme nous a happé, attiré, englué peut être un peu si on laisse la parole aux muscles, aux envies de déplacements, où à l'absence d'émotions... Avec 3 semaines d'école, les enfants sont blancs comme des cachets d'aspirine, fatigués comme jamais ils ne l'ont été les années précédentes ! Alors oui, nous avons repris le "même chemin que tout le monde", finies les échappées bucoliques, en montées ou en descentes ! Mais l'heure est à la gestion du quotidien, des transitions, des virées noctambules (la tente de 5m² pour 5 personnes occasionne des habitudes enfantines difficilement effaçables...), organisationnelle, bureaucratique, professionnelle... Et au bilan de cette aventure. Faire s'envoler l'expérience vécue au-delà de nous 5, digérer les facettes un peu plus délicates de cette même expérience, accepter les chemins empruntés sans amertume, laisser s'écouler le suc de cette vie dans nos veine et nos cœurs sans craindre qu'il se dilue avec les jours nouveaux, panser les manques -douloureux- des enfants parce qu'encore une fois, 5 est différent de 4...

Et puis réussir à revenir dans ses mocassins, avoir l'impression d'avoir vécu un mirage, débouler dans la vie des copains, de la famille, du village, qui ne s'est pas arrêtée, retrouver de nouvelles marques si ce ne sont pas les anciennes... A 7, 10 ou 40 ans, même combat !

Parallèlement, vouloir redonner tout ce que nous avons reçu, transporté dans nos bagages, désirer en parler, le partager. Il faut alors repartir dans cette année de vadrouille et prendre inlassablement l'ascenseur pour faire des allers/retours dans le temps... Pas facile de suivre le fil d'actualité tout en utilisant une machine à remonter le temps ! Passer de la quiétude d'une maison hantée par des bonnes âmes, du bonheur en pierre, laisser s'égrainer les moments au son du bois qui crépite et au rythme des pages d'un livre... Et d'un coup, se sentir tomber en chute libre, comme pris dans un courant d'air à chaque ligne lue des compagnons de route encore sur leurs vélos ou pendant le tri des photos...

Quand même, nous avons fait un choix de vie déroutant... Et fabuleux ! Source de questionnements en tous genres, de limites repoussées, de rencontres, de citoyenneté, d'universalisme, de simplicité... Aurions nous rêvé ?

Nostalgique... Un peu

Mélancolique... avec discernement

Déphasée... quotidiennement

Heureuse... totalement !

Dieu soit loué, nous avions anticipé ce fameux "choc du retour", sinon, quel aurait été le résultat ?!!