Dans la vallée, lala, de Cocoa, tralilala… hum hum, bref…

Depuis Medellin, nous décidons de partir en direction de Pereira et de bifurquer sur Salento, la porte de la vallée de Cocoa. Pour y aller, nous sommes passés par Irra et la route pour Irra, elle est … en pointillée ! Ces nuits, la pluie tombe, nous épargnant certes mais ne faisant pas de quartier avec les travaux routiers des hommes ! Elle emmène à chaque fois, un petit bout-ou gros bout- de route, obligeant les utilisateurs à rouler alternativement à gauche puis à droite, sur les zones qui n’ont pas été emportées… Les travaux vont bon train tout du long, les hommes dans les fossés consolidant la première couche avec des sacs remplis avec de la terre ou du sable. Incroyable… Et les gens sont patients, malgré un bouchon de plusieurs heures ! Non, nous ne frimons pas (trop) en remontant les files de camions, voitures, tout ce monde prenant son mal en patience… Aucun klaxon durant les 30 kilomètres de véhicules à l’arrêt !! Et au milieu, un petit péage… Toujours payant malgré les intempéries ! Incroyable… Nous nous faisons éclabousser, arroser, applaudir, crier dessus « no mira, no mira, rapido !!» lors des zones ‘attention, chute de pierres’. Nous arrivons donc à Irra, crottés, trempés, et squattons chez les pompiers pour un décrassage général et une nuit de tente à l’abri.

 

Pour Salento, c’est facile, on tourne à gauche et on monte dans la montagne ! Avec de la fièvre et une espèce de grippe/rhume/rhino, Marjo est en mode galère !! Même les « cadeaux du jour » (sachet de cacahuètes, nouvel oiseau tout beau) ne lui redonneront pas la pêche ! Elle finira les 5 derniers kilomètres arc-boutée sur son vélo délesté de ses sacoches, frissonnant malgré le soleil et l’effort à fournir…

 

Arrivés à Salento, nous plongeons dans les touristes arrivant en vague de bus, jeeps, chevaux et pour cause, le village est réputé pour ses fiestas, « traditions et culture »! C’est que nous n’avons pas l’habitude d’être noyés comme ça ! Alors on se transforme en couleur locale : on prend une Willys (jeep) pour aller au départ des balades. Toute la journée, nous crapahutons à la recherche des célèbres Palma de Cera, uniques en Colombie et dans cette région de Quindio. Ils sont remarquables grâce à leurs troncs sans fin, atteignant 60m de haut pour certains, pouvant pousser jusqu’à une altitude de plus de 4000m. Pour savoir leur âge, pas besoin de les couper pour lire leurs sillons : il suffit de prendre une échelle et de compter les petites bandes noires présentes tout le long du tronc, un trait = un an. Les plus vieux vont jusqu’à 70 ans. Nous franchissons le torrent à maintes reprises, découvrant des ponts de singe, népalais ou juste en rondins, en totale décontraction ! Lucas aide Alix à passer sur les pierres glissantes, juste le temps de nous dire qu'ils étaient bien mignons comme ça, et Alix se retrouve les pieds sur la pierre mais les bras dans l'eau ! Petite frayeur me transformant momentanément en cheval puis carrosse, juste pour l'ultime ascension du mirador.

 

 

 

 

Après une rando de plus de 12 kil, nous regagnons le lieu de départ, nous replongeant dans la mer touristique, les stands de chevaux tous les 100m… 3€ l’heure, ça vaut le coup ! Mais nous votons à l’unanimité une journée de repos, sans rien faire, pas de marche, pas de transport, pas de visite de petit village tout mignon, rien… enfin, sauf : l’école, la lessive, le trajet, le mirador, le coucher de soleil, la découverte de nouveaux gouts (forcha…) la routine quoi !

 

Après ces quelques jours de ‘repos’ vélocipédique, nous reprenons l’asphalte et son lot de rencontres, de surprises, souvent remplis de ‘chaudoudoux’ : un paquet de potcorn au miel, 4000 COP pour des tintos, des tours de roues avec nous… Parfois, nous débarquons dans des leix se rapprochant de la cour des miracles ! Impressionnants tous ces gens borgnes, édentés, déformés, bardés de tics. Une attitude commune les anime : leurs sourires de bienvenue, leurs débit de questions… Mon incompréhension est risible quant à l’espagnol colombien sans dentier !

 

Nous tentons de rallonger les étapes, parce que « maintenant que nous sommes sur du plat, on peut envoyer, non ? », Marjo s’ennuie. Nous arrivons en début d’après midi dans des bourgades plus ou moins peuplées, arhumées, avec des sorties enfantines du style : « woa, on a forcé le régime là ! » de Lucas, les joues vanille/fraise, « moi, j’ai même pas mouillé le tee-shirt ! » d’Alix…

 

Sous la protection de Jésus depuis quelques jours (cadeau du jour), nous avançons complètement rassurés, nous sommes au pied des montagnes, tout droit vers Popayan !