Une fois les dernières démarches administratives mexicaines effectuées, nous partons à l’assaut de la frontière, perchée en haut d’une cote de 8km et plus. Un signe de ce qui nous attend dans ce nouveau pays !

Messilla, la frontière, une rue où les boutiques débordent dessus, transformant la remontée en véritable épreuve de slalom géant ! Le spectacle est incroyable, un brouhaha permanent, un flux de bus bruyant et incessant, une activité commerciale maximale.

Nos passeports tamponnés, nous prenons la direction de Huehuetenango, à 90km, mais de montées uniquement. Notre première étape à la Démocracia permettra à Anne-Laure et Marjolaine de partager nos contes avec des agents de la municipalité. Depuis quelques semaines, ces derniers tentent de sensibiliser les enfants à leur environnement, en utilisant les dessins muraux, les groupes de travail sur le tri des déchets, des journées thématiques… Ils les interviewent et prennent des clichés des histoires, écoutent les résumés… Quelques heures plus tard, nous sommes installés dans le « salon », salle polyvalente locale !

Après 2 jours, toujours de montées bien entendu, nous arrivons à Huéhué. Au programme, visite de la ville, montée au mirador, mais en taxi cette fois ci !

Une nuit agitée pour Lucas et son estomac (fraiche pour moi, les 2 pieds dans la rivière en train de faire la lessive) retardera notre départ pour Quetzaltenango. Une fois l’épisode terminé, nous reprenons la route, laissant derrière nous des amitiés Canadiennes et des jeux enfantins sans frontière. Et comme les bonnes habitudes sont dures à perdre, nous montons et montons encore.

Mais tout ce qui monte doit un jour descendre !

 

L’arrivée sur Xela (nom maya et usuel pour Quetzaltenango), se fait enfin dans une longue et agréable descente. Nous décidons de faire halte à Salcaja, petite ville jouxtant Xela. En visitant la plus vieille église d’Amérique Centrale (1524), nous rencontrons René et toute une bande de joyeux lurons qui nous prennent en charge pour la soirée : douche, chocolats chauds, bières et caldo de frutas – fruits à l’alcool, spécialité de la région. Cette soirée se tire en longueur et après plusieurs propositions de couchage, nous nous installons dans le local de l’équipe de basket. En visitant la ville, nous marchons sur les traces artistiques de Marjolaine lorsqu’elle sévissait dans le graff maya ; les filles et les enfants participent à la réalisation d’un Alfombra. En effet, en cette semaine sainte, point de cascade d’œuf en chocolat et autres gourmandises, les rues sont tapissées d’Alfombras. Ils sont réalisés en sciure et copeaux de bois, tintés, agrémentés parfois de fruits et de légumes. Les habitants redoublent d’imagination pour réaliser les plus beaux, les plus colorés, chaque rue ayant le sien. La procession du jour les piétinera allégrement mais c’est la tradition !

A Xela, nous assistons au passage d’une procession, les gens sont vêtus d’habits violets, noirs, verts, en fonction de leur église, portent ou poussent des chars ou statues, à la fois impressionnant et un peu surnaturel : les habitants assistent au passage du convoi, littéralement absorbés par le spectacle et dans un silence olympien.

 

Dans une ville voisine, toujours perchée en haut d’une cote, marque de fabrique locale, je regarde le reste de la troupe prendre un bain dans les sources d’eaux chaudes et sulfureuses. Est-ce l’affluence, la couleur de l’eau ou la fraicheur environnante ? Je me contenterai de prendre des photos !

Mais le plus dur, sera pour le lendemain. L’ascension du volcan Santa Maria.

Après 4h30 d’ascension, nous voilà sur le toit de ce volcan endormi. Le spectacle est impressionnant, le froid aussi ! Une fois la tente installée, les filles et Lucas partent faire le tour du propriétaire et sont aux premières loges lorsque le volcan Santiaguito crache ses fumeroles. Au bruit de la grêle, tout le monde y compris un invité de dernière minute, un chien qui nous a accompagné une bonne partie de la montée, se met à l’abri, prêt à passer la nuit à 3772m. Mais le meilleur sera pour le lendemain matin : je ne veux pas laisser Alix toute seule dans la tente (elle dort profondément, il est 5h), les courageux sortent braver le froid pour voir le soleil se lever sur ces dames endormies et leurs vallées. Je regarderai le spectacle depuis l’intérieur de mon sac de couchage, par la fenêtre. 2h30 de descente plus tard, nous quittons le monstre, fourbus, pour d’autres aventures et El Lago d’Atitlan en ligne de mire.

 

La route du lac nous réserve bien des surprises. Des montées, bien entendu, mais aussi cette fois ci des descentes de folie ! Un dénivelé qui interdit toute prise de vitesse, des cuisses soulagées au regard de la pente, des sommets tout autour de nous et c’est dans un concert de couinements de freins de A’cabal’ouch et Bi’al l’étoile que nous attaquons la descente. Bien vite les problèmes techniques nous rattrapent : une crevaison pour moi, plus de frein pour Marjo et un rayon pour Anne-Laure. L’arrivée à Santa Clara sous un temps pluvieux aura raison de notre motivation pour les derniers kilomètres.

 

La der, le lac et les problèmes.

Reparti de notre hôtel (nous avons rendez-vous avec la propriétaire à notre retour qui est également maitresse et intéressée par le projet), nous arrivons au sommet de la deuxième descente avant notre arrivée à San Juan La Laguna, petite ville au bord du lac Atitlan. La vision du lac et des volcans l’enlaçant est féérique.

Mais 3 virages plus loin, je crève à nouveau. Sous la chaleur des patins de frein, la valve se décolle du reste de la chambre à air, irréparable. Anne-Laure laisse encore un rayon… Réparation puis à nouveau, 3 virages plus bas, chambre à air out. Mais cette fois ci, plus de chambre à air… Je reste abandonné au bord de la route, dans l’espoir de trouver de quoi redescendre dans le village suivant. Tandis que le reste de l’équipe fini en fanfare et dérapages (Lucas se fera surprendre par l’état de la route), je fais le trajet à l’arrière d’un petit camion, assis sur des sacs de croquettes pour chien !

 

Nous arrivons enfin à destination, nous règlerons les détails techniques plus tard… L’heure est venue de profiter du lac magique et de partir à la rencontre des enfants avec lesquels nous allons travailler !