La genèse

          "Nous aimons notre terre, que faisons-nous pour le lui montrer ?"

        Partant d’un besoin d’évasion, conscients de la valeur des échanges humains, d’un « retour à la Terre » plus que nécessaire, le projet « Aime ta Terre, théâtre en papier et yeux d’enfants », prend racine en essayant de sortir de nos jugements de valeurs, de nos prétendus savoirs et vérités qui ne sont valables que pour celui qui les porte. Comment sensibiliser les uns et les autres, comment élaborer un langage commun ?

          A travers de courtes histoires inventées par des enfants d’écoles primaires, nous pourrons prendre la mesure des actions faites et celles qui sont possibles, comment ces ‘petits’ citoyens du monde perçoivent leur planète. Démarrées simultanément en France en Bretagne et au Mexique, Guatemala, Colombie, au Pérou et en Bolivie, les histoires s’échangeront progressivement au gré de notre passage dans les différents pays. De ces associations d’idées, de ces propositions naitront certainement des modes d’emplois pour les plus grands !!


                   Mais par quel procédé ? Nous utiliserons un outil japonais datant du début du XX° siècle : le KAMISHIBAI. Grâce à un cadre rappelant le pourtour d’une scène de théâtre, le conteur propose de raconter son histoire en faisant défiler les illustrations devant les spectateurs.

C’est grâce à cette présentation, vivante, que les enfants visualiseront leur travail, les différentes histoires issues de cultures différentes. Nous nous faisons messagers, transportant des mines de trésors d’un pays à l’autre, enrichissant nos répertoires de gestes et d’images d’amour.

 

Déroulement du projet

Le projet se déroule en 3 phases :

  • Phase 1, préparation de mai à décembre 2016
  • Phase 2, déroulement durant l’année 2017
  • Phase 3, restitution de janvier à juin 2018

          La phase de préparation consiste à poser les jalons du projet, tant d’un point de vue d’organisation matérielle et professionnelle (besoins pour le voyage, les démarches administratives, la scolarisation des enfants…) que du lancement du projet à proprement parler ! Concertations avec tous les enseignants partenaires, prises de contacts avec les écoles des différents pays dans lesquels nous comptons nous rendre, recherche de supports médiatiques, explications multiples et variées…

          Après les fondations posées en France, nous partons pour les Amériques. Pendant une année, nous irons à la rencontre des écoliers avec lesquels nous avons commencé un échange épistolaire pour leur présenter les histoires déjà écrites. A leur tour, ils nous feront découvrir leurs aventures et lors de notre départ, nous repartirons avec des chapitres en plus pour notre pièce de théâtre de roues ambulante.

          Nous travaillerons essentiellement avec des écoles mais nous avons également fait le choix de nous rendre dans une zone où les enfants ne peuvent pas accéder facilement à l’enseignement. Nous resterons un peu plus longtemps afin de construire avec eux leur histoire.

          Nos enfants ayant 6 et 8 ans, nous souhaitons pouvoir ‘vivre’ un moment aux rythmes scolaires de nos hôtes, ressentir leur quotidien et s’immerger réellement dans une autre culture. Alix : « On va écoler, ça veut dire qu’on va travailler dans une école ». Nous en profiterons pour proposer des jeux sportifs, langage universel de tous les enfants ! A travers ces souhaits, nous espérons pouvoir participer activement à leurs projets, pour être non pas spectateur mais acteur. Pour ce faire, nous nous laissons du temps : 2 mois environ par pays, à raison d'une quinzaine de jours minimum dans chaque école.

          La troisième et dernière phase est celle de la ‘restitution’, lors de notre retour sur le sol du vieux continent. Avec Alix et Lucas, ce n'est pas qu'une aventure vécue mais aussi partagée : passage dans les écoles partenaires pour redonner les histoires entendues, vécues, ressenties… Déguster ensemble les graines que les enfants se seront envoyés. L’heure des bilans, des montages vidéos et photos, des expositions, des participations à des salons …

 Volet pédagogique

          Chaque classe partenaire du projet devra inventer l'aventure d'un personnage, toujours le même, quelque soit la nationalité des écoliers. Ce dernier sera ainsi projeté dans différents espaces géographiques, temporels et nous contera les gestes que les enfants font ou ont au quotidien pour aimer –et respecter- leur planète.

Le principe du Kamishibai étant de faire défiler des illustrations au rythme de l’histoire, les élèves utiliseront différentes techniques d’art plastique pour faire leurs dessins.
L’objectif est multiple :

  • pour les enfants, ce serait échanger leurs idées avec des enfants d’un autre pays
  • pour les adultes, ce serait vivre un moment dans la peau d’un enfant de primaire au travers d’une aventure
  • pour les élèves, ce serait vivre un projet commun pour montrer que cela s'inscrit au delà de la classe, un projet qui fait société, mêlant tous les apprentissages
  • pour les enseignants, ce serait inscrire les élèves dans un parcours citoyen avec un projet culturel leur permettant une pluridisciplinarité.

 

Acteurs

          Si cette envie de partir nous vient, c’est aussi parce que nous y avons déjà goûté ! En 2013, alors que les enfants étaient en maternelle, nous sommes partis faire une virée de 6 mois sur les routes d’Europe.
Etant sportifs, nous avions opté pour un déplacement en vélo : il permet de s’adapter aux rythmes des enfants, d’avoir une empreinte sur la planète la plus légère possible, de revenir à une simplicité de fonctionnement et surtout, de pouvoir être en lien direct avec l’environnement que nous traversons et les personnes que nous rencontrons.
Nous ne nous étions pas donné d’objectif particulier, hormis celui de tout mettre en œuvre pour aller jusqu’au bout de notre voyage. Sans engagement, nous avons abordé les thèmes de l’organisation, du dépaysement, du déplacement, de la logistique, de l’enseignement, des langues. Nous gardons les vélos pour notre nouveau projet, mais en nous autorisant les transports collectifs lors des parties les plus ardues.

          Par nos actions, nous souhaitons souvent sensibiliser le plus grand nombre de personnes. En osant partir et défier les lois du confort (et du conformisme), nous espérons susciter les questionnements et l’intérêt. Aussi cette idée de relier voyage, découverte, échanges culturels, correspondance avec des élèves de l’âge des nôtres, et emmener encore plus de personnes dans nos bagages nous semble être l’évidence même !


          Nous offrons un espace de distraction, ludique, de création, clef en main, solidaire. Nous ne pouvons pas nous targuer d’être de grands maîtres de conférence, des ingénieurs en chef, des professeurs de musique, des sportifs de l’extrême ou encore des médecins spécialisés. Non.
Par contre, nous sommes une famille tout terrain. Testée et approuvée. Nous avons depuis notre création familiale, eu une démarche de projet : les idées naissent, nous en attrapons une, la vivons et allons jusqu’au bout, laissant une sensation de bonheur complet, de travail d’équipe bien accompli, malgré des caractères et des personnalités bien différentes, qui certes, font des étincelles parfois, mais permettent des feux de joie !


          Les filles sont les relais du projet, Marjolaine aux Amériques et Anne-Laure en France. Philippe occupe le poste de gestion du matériel nécessaire. Alix et Lucas sont les ambassadeurs concrets et directs de cette expérience.